Un chinois vend son rein pour un ipad

La nouvelle va faire le tour du web high tech: un homme a revendu son rein pour acheter un ipad. Cela se passe en Chine, mais les pays occidentaux avec la folie high tech sont-ils à l'abri ?

Auteur: Raphaël Richard

L'engouement autour des nouvelles technologies me laisse parfois pantois. Le marché de la vente de bien virtuels (vous savez les points d'énergie dans les jeux comme Cityville sur Facebook, l'achat d'armes sophistiquées dans World of Warcraft, les bouquets de fleurs virtuelles sur les sites de rencontre...) représente 7 milliards de dollards en 2010.

La vente de clics publicitaires dans Google représente 30 à 40 milliards de dollars.

A titre de comparaison, la vente de semences agricoles représente la même année dégageaient les mêmes revenus.

Certaines évolutions me dépassent, moi, qui ait fait partie de la première génération d'utilisateurs du web en France.

En réalité, elles ne me surprennent pas complètement pour un prospectiviste comme moi. En effet, elles étaient prévisibles compte tenu de paramètre de bases:

  • L'émergence d'une nouvelle génération au niveau mondial acquise aux nouvelles technologiques complètement intégrées dans leur vie, qui ne seraient plus concevable sans
  • La victoire absolue de la société de consommation contre toute autre pouvoir
  • L'absence totale de l'éducation afin de permettre aux jeunes utilisateurs de tirer le meilleur des nouvelles technologies et d'en éviter les pièges
  • La fragilité d'une frange importante de la population face aux manipulations commerciales

Si vous pensez que ces quelques lignes ont été écrites par un anti consumériste, détrompez vous. Je voyage régulièrement à l'autre bout du monde, j'ai un iphone qui me permet de visiter les nouvelles villes en réalité augmentée, un ordinateur portable, un accès 3G, deux télés, une voiture, j'ai offert un télé écran plat à ma mère et j'utilise les infos sur la circulation de mon Google Maps sur iphone pour éviter les embouteillages.

Mais, je prolonge la durée de vie de mes téléphones portables, j'achète des produits de marques uniquement s'ils sont réellement de meilleure qualité que les autres, je plante des arbres sur le terrain de ma maison de campagne afin de compenser mes émissions de CO2 et j'ai acheté une logan car je n'avais pas envie de me ruiner dans un modèle plus cher mais rempli d'électronique qui tomberait en panne plus rapidement. Je n'achète jamais de bien virtuels (tels que de faux bouquets de fleurs sur les sites de rencontres), je refuse les faux amis sur les réseaux sociaux et j'attends toujours un an ou deux avant de m'acheter un nouveau gadget électronique afin de faire monter l'envie et de laisser aux autres le soin de vérifier que l'appareil tient bien ses promesses.

Bref, je souhaite que les nouvelles technologies soient à mon service et pas l'inverse.

Le rapport maître esclave... vous voyez ce que je veux dire ?

Bref, je ne suis donc pas si surpris que cela, je me suis simplement désolé que l'on consacre tant d'énergie à des choses aussi peu utiles pour la société en général et pour l'individu en particulier, là où on peine à dégager des moyens pour relever les véritables défis: nourir les 1 milliards d'être humains qui crèvent de faim, préparer la transformer de notre industrie afin de consommer moins d'énergie et de cesser d'user la planète. Des défis pas aussi importants que cela faut-il croire et surtout sans relation avec le boom des nouvelles technologies ?

Pas si sur ce que cela car parmi ce milliard d'être humains qui ne mangent pas à leur faire, on en trouve un certain nombre qui habitent en Chine (premier émetteur de gaz carbonique, soit dit en passant).

C'est en Chine que récemment un jeune chinois s'est récemment fait extraire un rein en échange de l'équivalent de 2000 euros (22000RMB) pour pouvoir s'acheter un ipad, objet de ses rêves depuis des mois et que la publicité avait suffisamment bien conditionné pour être littéralement prêt à tout pour en faire l'acquisition.

Zheng, son surnom, est tombé sur une annonce publiée sur internet par la clinique privée du coin et s'est rendu sur place (dans la ville de Chenzhou) pour s'y faire opérer. Les articles relatant ce terrible événement, qui sera bien vite chassé par un autre, indiquent qu'il a séjourné trois jours dans un hôpital de la ville.Il est revenu trois jours plus tard chez sa mère avec un ordinateur portable et un ipad 2.

Sa mère a été porté plainte mais les téléphones mobiles des "agents" avec qui le jeune homme était en contact pour la transaction avaient été coupés et l’hôpital où il a été opéré a déclaré avoir loué le bloc chirurgical où a eu lieu l'opération à un homme d'affaires. Impossible de retrouver trace des couples et du rein.

Cette affaire a suscité beaucoup d'émotion en Chine et, en particulier sur le web. Des dizaines de milliers de commentaires ont surgi mettant en cause tantôt le matérialisme dans lequel sombrait la nouvelle Chine, le manque de valeurs morales de la jeune génération (la première à avoir grandi avec internet et dans le miracle économique). On accuse même le jeune homme de vanité pour avoir échangé un rein contre un bien de consommation signe de réussite sociale et de sophistication.

Espérons que ce mauvais fait divers fera réfléchir quelques centaines d'internaute piégés par les nouvelles technologies et leur permettra de sortir de leur dépendance. On peut difficile espérer plus, mais espérons quand même.

Le marché chinois de la revente de reins (officiellement interdite) est florissant. Sur 1,5 milliard de chinois, 1 million sont attente de greffe de rein et seuls 10 000 en bénéficieront. Parallèlement à cela, la moitié des chinois vivent encore dans une grande pauvreté.

Plus d'infos sur l'histoire

24pm écologie: Un chinois vend un rein contre un ipad 2